Juste un petit mot sur BONS BAISERS DE BRUGES, un film britannique qui se laisse regarder sans atteindre des sommets. Point positif cependant la prestation de Colin Farrell qui s’en sort plutôt bien dans ce rôle de tueur à gages aux souvenirs douloureux, mais malheureusement le film ne va pas au bout de son intention. A voir si on a vraiment du temps.
dimanche 29 juin 2008
Histoire britannique
Valse d'espoir
Pour une première, ce film documentaire d’animation est une vraie réussite, injustement oubliée du palmarès du dernier Festival de Cannes.
L’histoire qui nous est racontée dans VALSE AVEC BACHIR est à la fois bouleversante et douloureuse. Cette impression est renforcée par le traitement de l’animation d’une beauté incroyable.
Plusieurs scènes restent en mémoire bien après la projection, comme la sortie de l’eau des trois soldats sous la lumière les fusées éclairantes qui se reflètent à la surface de l’eau ou cet autre soldat qui semble valser avec Bachir Gemayel sous une pluie de balles de snipers.
Ari Folman propose un vrai film politique et engagé qui montre une nouvelle fois les ravages de la guerre (ici Israéliens et Palestiniens dans un Liban à feu et à sang) sur les individus, pas ceux qui décident mais ceux qui exécutent les ordres et armes au poing traversent des villes à l’environnement hostile.
La perte de mémoire du réalisateur est juste un prétexte pour tenter de faire la lumière sur ce conflit et pointer du doigt les responsables du massacre de Sabra et Chatila (les milices Chrétiennes encadrées par l’armée israélienne)
Le cinéma israélien prouve depuis quelques années que les réalisateurs, loin des agissements de leur gouvernement, offrent une image de paix espérée, et dénoncent à chaque instant des actes barbares de politiques qui visiblement n’ont que peu d’intérêt à voir ce conflit prendre fin.
Comme des grands
Après la déception, à la fois pour le public et pour eux, de l’adaptation ratée des DALTONS, due en grande partie à l’incompétence de Philippe Haim, on a l’heureuse surprise de voir Eric et Ramzy dans SEULS TWO tels qu’ils sont : drôles, incisifs et multipliant les blagues à caractères racistes en mettant de côté le politiquement correct français qui considère comme un délit le fait de se moquer des arabes, des blacks, des juifs, des asiats, des gays, des handicapés…
Eric et Ramzy, pour leur première réalisation, enchainent les gags comme des sketches, mais là où ils font fort, c’est que leur film se tient tant au niveau scénaristique que visuel. Ce n’est pas un enchainement de gags sans lien comme on aurait pu s’y attendre et comme c’est trop souvent le cas avec les comiques qui passent du one man show au septième art.
On passe un agréablement moment où les éclats de rire se succèdent dès les premières images.
samedi 21 juin 2008
Il était une fois en Wallonie
Comme à son habitude le cinéma belge nous offre un petit bijou d’humour décalé et d’émotion.
Sur fond d’amitié entre un revendeur de voitures et son cambrioleur, Bouli Lanners nous offre des plans soigneusement cadrés sur lesquels viennent s’accrocher des répliques et des scènes pleines d’humour.
Avec ELDORADO, on se rend compte que finalement il n’y a que le cinéma belge pour nous offrir une tendresse palpable au milieu de rires grinçants.
Les comédiens, dont le réalisateur lui-même, sont impeccables et magnifiquement mis en valeur par la mise en scène qui fait de ce road movie un des films incontournable de ce début d’été.
Monde parralèle
Film envoutant mais sans vraiment que je sache pourquoi.
Dès le titre, LA TROISIEME PARTIE DU MONDE, on est transporté ailleurs, puis le générique sur fond d’artefacts accompagnant la musique de Jay Jay Johanson, nous emmène encore plus loin et enfin le film qui ne ressemble à aucun autre, nous transporte vers un fantastique réaliste.
Et finalement on se laisse porter assez facilement par cette histoire étrange fait de disparition, de séduction, d‘amour et de suspicion.
La réalisation et le montage sont plaisants et même si, à l’instar de PHENOMENES, aucune solution ne nous est avancée, peu importe (j’en connais qui votn être content), on garde en tête les possibilités d’un autre monde qui nous sont exposées.
Plus dure sera la chute
On savait que les Wachowski n’étaient pas habitués à faire dans la subtilité scénaristique (soit franchement ridicule soit franchement tiré par les cheveux dans leur délire mystico-religieux). On en était même à se demander s’ils avaient eux-mêmes signés le scénario de BOUND, film à part dans leur filmographie.
Bref SPEED RACER, leur dernière réalisation, n’échappe pas à la règle. Ce qui est acceptable pour un manga ne l’est pas forcement pour un film live. On apprécie pourtant la première partie (elle ne dure que 10 minutes) et son univers très kitch mais ensuite tout n’est que courses automobile surnaturelle dans lesquelles on a du mal à trouver un quelconque intérêt.
L’issue du film est connue à l’avance et finalement plus qu’un film de réalisateurs, il faudrait ici créditer en haut de l’affiche le travail du designer qui a habillé la totalité du film.
Les Frères Wachowski ont presque inventé un nouveau verbe, to wachow : action d’oublier un film dès la fin du générique.
vendredi 13 juin 2008
Un peu d’humanisme dans ce monde pourri
Voilà un très beau film romanesque tirée de la vie d’un britannique, George Hogg, qui s’est sacrifié pour sauver des orphelins de l’invasion japonaise en Chine dans les années 30.
Malgré certains recours scénaristique un peu lourd, LES ORPHELINS DE HUANG SHI réussit à nous tenir en haleine et même (pour les âmes sensibles) à nous tirer quelques larmes car l’intérêt n’est pas dans la façon dont nous est contée cette histoire mais dans l’humanisme que dégage le personnage interprété par Jonathan Rhys Meyers et le fait historique, méconnu en Europe, qu’il décrit : l’invasion de la Chine par l’armée japonaise et les massacres de Nankin.
Oui mais pourquoi ?
Manquerait-il quelque chose au dernier film de M. Night Shyamalan ?
Car si on pouvait reprocher à ses films précédents d’être construits sur une révélation finale, PHENOMENES au contraire ne nous donne aucune solution, même pas l’ombre d’un indice.
Donc nous restons quelque peu sur notre fin en ayant l’impression d’avoir assisté à un reportage de Pierre Bellemare sur des phénomènes surnaturels sans nous en donner ses causes ou son issue.
C’est bien dommage, car justement on aurait aimé, pour vraiment apprécier ce film, qu’il existe une raison à cet enchainement de suicides.
A côté de ces défauts la mise en scène et le climat que M.N.S. installe prouve encore une fois que le réalisateur est doué dans ce genre d’exercice.
Finalement on peut se demander si le point fort de ses premières réalisations : le scénario, n’est pas devenu son point faible.
Nous attendrons encore son prochain film pour juger.
Il valait mieux mourir
Ca ressemble à une production EuropaCorp (côté obscure : TAXI, BANLIEU 13...) mais ca n’en est pas une. SKATE OR DIE en possède pourtant tous les codes : scénario inexistant, jeunes ados décervelés, la police tournée en ridicule, des acteurs proches de l’insupportable tellement ils jouent faux (seule Rachida Brakni s’en tire bien).
Bref le film n’est qu’une visite de Paris en roller. Tous les sites touristiques nous sont offerts. On se demande encore ce que Miguel Courtois est venu faire dans cette galère.
Seul point positif. Il ne dure qu’à peine 3 minutes : une poursuite sur le titre de Placebo "The Bitter End".
Au bout de l'ennui (EXCLUSIVITE - sortie nationale le 25/06)
Quand le scénariste de TRAINING DAY repasse à la réalisation on peut s’attendre à un film explosif. Malheureusement, une fois de plus le pétard est mouillé. Après BAD TIMES qui m’avait déjà très déçu mais j’avais mis ça sur le compte de sa vison en VF alors que je suis plus habitué à voir les films en VO, cette fois AU BOUT DE LA NUIT emprunte les mêmes ficelles que ses autres films ou scénarios : corruption policière, trahison, héros manipulé. Bref si la surprise de TRAINING DAY était bonne, ici cela tourne au ridicule. Les personnages sont caricaturaux (comme souvent chez David Arvet, la plupart des blancs sont bons et les blacks, latinos ou asiatiques voleurs, dealers, escrocs…), l’histoire est prévisible dès le départ (la bande annonce donne déjà toutes les informations nécessaires pour décoder le film). Forrest Withaker en fait des tonnes et Keanu Reeves est peu crédible en flic solitaire, mal remis de la trahison de sa femme.Bref un film que l’on oubliera au bout d’une nuit ou d’une heure.
Besoin d’amour
"Une vie agréable et baclée". C’est par ces quelques mots que se conclue, SAGAN, le film de Diana Kurys sur la vie passionnante et passionnée de l’auteur française. Mais ce n’est pas le sentiment que nous avons en voyant le film qui est une vraie réussite et nous en apprend un peu sur la femme plus que sur l’auteur.
Etant fan des biopics (j’avais adoré celui de TRUMAN CAPOTE, puis le faux biopic de Virginia Wolf, THE HOURS, et tant d’autres), j’ai aimé la façon dont est décrite la vie de Sagan en ne s’attachant pas à l’écrivain, ni à son œuvre mais plutôt à sa vie de femme, à ses combats, celui aspirant à une liberté insouciante et celui permanent de vouloir être aimée. Car c’est bien là la véritable histoire de Françoise Sagan et de ce film. Ce besoin incessant de connaitre l’amour avec des hommes ou des femmes, peu importe.
En choisissant de « bâclée » sa vie à sa guise, elle a abusée de l’alcool, de la drogue mais en conservant toujours l’esprit libre qui l’animait. Sagan avait de l’argent, elle le gaspillait. Sagan écourtait sa vie, peu importe, comme elle le disait elle-même, elle irait jusqu’au bout comme tout le monde.
Diane Kurys a eu l’intelligence de distiller tout au long de son film des mots savoureux, parfois drôle, parfois émouvant de Françoise Sagan.
Ce portait offre à Sylvie Testud un personnage qui l’habite véritablement. Ce n’est plus une interprétation mais du mimétisme. Espérons que le film ne sorte pas trop tôt pour que l’actrice concoure au prix du meilleur rôle féminin des César 2009.
La réussite de ce film fait qu’il donne envie de découvrir les œuvres de Françoise Sagan, « Bonjour Tristesse » ou « Aimez-vous Brahms ? » afin de connaitre un peu mieux cette femme à la vie agréable et bâclée.
dimanche 8 juin 2008
En To mineur
Si l’exposition des personnages séduit par la confusion qu’elle procure chez le spectateur (on se demande vraiment où le réalisateur veut nous emmener), la suite est plutôt décevante. Le film pêche certainement par son scénario trop linéaire, répétitif et prévisible.
Un Johnny To qu’il faudra vite oublier ou, pour lui donner le bénéfice du doute, revoir d’un autre œil afin d’apprécier ce qui nous aurait échappé.
Famille en péril
Certes les acteurs sont assez convaincants ou en tout cas essayent tant bien que mal de sauvee un peu le film mais ce dernier hésite entre thriller et comédie pour finalement n’être ni captivant ni très drôle.
Après vingt minutes d’exposition on attend la quatre-vingt dixième avec impatience.
A oublier rapidement donc.
Van Damme cet inconnu !!!
Jouant son propre rôle, il est incroyablement juste dans le registre de l’émotion. Sans trop en faire, il nous émeut avec son histoire de star sur le déclin, empêtrée dans un divorce, et sans le sou. D'ailleurs on ne sait pas très bien où s’arrête la réalité et où commence la fiction, et c'est tant mieux. Moment clef de ce film : l’extraordinaire monologue en plan séquence dans lequel il tire un bilan pitoyable de sa vie, comme un constat d’échec.
Si l’on est convaincu par la performance de Jean-Claude Van Damme, il n’en est pas de même pour le film, qui sans être franchement mauvais, reste malgré tout un peu poussif. Il manque peut-être un petit plus au scénario, mais pour rattraper ces faiblesses il y a les acteurs, tous vraiment excellents.
L’autre point positif concerne le montage qui alterne différents points de vue sur l’histoire, et contrairement à ANGLES D’ATTAQUE, sorti il y a quelques mois, qui répétait la même scène cinq fois pour finalement nous lasser, le réalisateur, Mabrouk El Mechri, parvient à enchainer l’histoire sans jamais se répéter.
Bref JCVD restera tout de même comme un bon film à voir simplement pour son héros que l’on attend maintenant dans d’autres films pour qu’il nous montre enfin l’étendue de son talent, invisible jusqu’à présent. Avis aux producteurs frileux.
dimanche 1 juin 2008
L’amour (et le sexe) à tout âge
TROP JEUNE POUR MOURIR est un film atypique sur la rencontre de deux septuagénaires qui vont s’aimer comme de jeunes mariés.
Basé sur une histoire vraie, ce film est quasiment un documentaire puisque les deux comédiens (145 ans à eux deux) jouent leur propre rôle et mettent en scène leur propre vie et notamment leur vie sexuelle qui nous est crument dépeinte dans ces moindres détails (des préliminaires au coït en passant par la fellation)
Il est si rare de voir des personnes âgées faire l’amour devant une camera que l’on est touché devant ce jolie couple qui s’aime, se chamaille et se réconcilie dans des pleurs tellement leur amour est fort.
A voir pour se rappeler que la vie ne s’arrête pas à quarante ans.
Les ravages de la guerre
Ce thème devient récurant dans le cinéma américain si durement marqué par la guerre en Irak après s’être tout juste remis de celle du Vietnam, mais chaque films décortiquant les ravages de cette guerre, dont les touts puissants sont les marionnettistes, nous émeut chacun à leur manière, même si certains ne peuvent éviter le pathos.
C’est le cas de GRACE IS GONE mais faut-il vraiment condamner cette emphase ? Car c’est l’émotion qui prime ici face à ce père de famille qui choisit d’emmener ses deux filles en voyage vers un parc d’attraction au lieu de leur annoncer la mort de leur mère, soldat en Irak.
Le film touche au cœur grâce à un John Cusack physiquement transformé et très convaincant dans les scènes poignantes. On ne peut qu’être ému par le choix de cet homme d’offrir quelques derniers jours de plaisir à ses filles avant que leur vie ne soit transformée à jamais.
Sans condamner directement l’invasion de l’Irak par les États Unis, le réalisateur montre évidement son désaccord avec la politique de Bush, notamment avec le personnage du frère.
A noter la très belle musique de Clint Eastwood accompagné ici de son fils, Kyle.
La mano de Dios
Il y a dans le film documentaire d’Emir Kusturica, MARADONA, un brin de nostalgie. On prend plaisir à revoir "El Pibe de oro", ses dribbles dantesques, ses buts magiques, son but de la main, contre l’Angleterre, éminemment politique et on écoute aussi un Diego Maradona nous parler politique, lutte des classes et crier sa haine de Bush.
On est aussi ému par ses déclarations sur la drogue et la possibilité qu’il aurait pu être un meilleur jour sans y avoir touché. Diego règle aussi ses comptes avec les instances du football et ses dirigeants.
Si on est content de revoir le meilleur joueur de tous les temps (et ne me parlez pas de Pelé, de Zidane ou autre Ronaldo… ils n’ont pas un dixième du talent inné de ce joueur), on est quand même déçu par ce film qui ne nous donne pas d’informations supplémentaires sur le joueur. On aurait aimé apprendre des choses sur sa vie in et hors football. Le montage de Kusturica est tout de même intéressant notamment quand il fait le parallèle entre ses films et la vie de Maradona.
Un documentaire à voir pour les amoureux du ballon rond et pour retrouver Diego Armando Maradona.
SAEZ en dépression
Enorme coup de cœur pour le triple album de Damien SAEZ - PARIS, VARSOVIE, L’ALHAMBRA. L’artiste nous avez déjà régalé il y a quelques années un magnifique double album - GOD BLESSE, KATAGENA, qui était fortement politique et plein d’espoir en l’Amour, mais cette fois SAEZ a vécu une expérience douloureuse et ses textes s’en ressentent.
Celui ou celle qui a connu une relation amoureuse qui échoue sans crier gare sera touché par les fabuleuses paroles de Dis-moi qui sont ces gens, Anéanti, On meurt de toi, Les bars du port, Quand on perd son amour, Putain vous m’aurez plus, Des marrées d’écume, Toi tu dis que t’es bien sans moi. Autant de textes comme des poèmes à un amour évanoui.
Mais les trois albums de Damien SAEZ parlent aussi de politique, du pouvoir de l’argent et laisse entrevoir la possibilité d’une révolution comme l’ultime solution à ce monde.
A écouter en boucle pour apprécier la beauté musicale et littéraire d’un artiste que le grand public n’est visiblement pas encore disposé à porter vers les sommets.