jeudi 31 janvier 2008
Avec ou sans amour
Le film parle de solitude, d’amour, de célibat, de couple, de rupture, de vieillesse et finalement nous parle et nous montre que parfois les plus seuls ne sont pas ceux qu’on croit. Parfois léger, parfois grave, drôle, émouvant le film est magnifiquement écrit et ce n’est pas une surprise quand on sait que le scénario original est signé Anne Le Ny qui avait déjà signé (à l’écriture et à la réalisation) le superbe CEUX QUI RESTENT.
Ici, encore de très émouvante scènes dans lesquels un regard, une pointe d’émotion, une larme retenue peuvent en modifier l’issue.
L’Art de rien
Finalement on ressort de la séance avec un agréable sentiment de bien être dont Juliette Binoche, absolument sublime et d’une justesse rare, ne doit pas être étrangère.
Reconstruction
Le dernier film de Susanne Bier a ceci d’envoutant qu’il nous rappelle forcement notre propre vie. Ici celle de deux êtres qui tentent, l’une après avoir perdu tragiquement son mari, l’autre, le meilleur ami du défunt, qui traine un passé d’héroïnomane, de se reconstruire ensemble. Mais cette reconstruction aurait très bien pu être la notre après une rupture ou un échec social.
La réalisatrice, qui sait admirablement saisir l’essentiel avec ses magnifiques gros plans, a su éviter les pièges d’une telle histoire. Ici point de romance entre nos héros malheureux.
La première partie, qui expose l’intrigue et les personnages est une réussite car en refusant une linéarité scénaristique grâce à d’habiles flashs back désordonnés, elle permet de comprendre immédiatement le rôle de l’absent pour les deux personnages principaux, Halle Berry et Benicio Del Toro.
Les deux comédiens nous offrent d’ailleurs une superbe prestation, digne de leur performance dans A L’OMBRE DE LA HAINE pour l’actrice et de 21 GRAMMES pour l’acteur.
Au final un film qui nous renvoie cette question : avons-nous tout fait pour accepter le bonheur ?
lundi 28 janvier 2008
Un Shakespeare coréen
L’histoire du film LE ROI ET LE CLOWN, digne d’un Shakespeare, raconte les péripéties d’une troupe de théâtre obligée d’amuser un Roi fou tyrannique pour ne pas être exécutée mais qui peu à peu se retrouve prise dans un piège dont l’issue semble inévitable.
Décidément l’industrie du 7ème Art coréen nous offre de belle page de cinéma (d’ailleurs je pense faire une liste personnelle des meilleurs films coréens d’ici peu).
Si vous connaissez déjà ce cinéma, vous savez déjà que vous ne serez pas déçu et si par hasard ce cinéma inventif, moderne, audacieux, pertinent, dramatique et réaliste vous est inconnu, courrez voir LE ROI ET LE CLOWN, il saura vous appâter et vous donner envie de découvrir d’autres chefs d’œuvres made in Korea.
Dans le film de Lee Jun-Ik, il y a de l’humour, des drames, des pleurs, du suspense, une histoire d’homosexualité latente, un page d’histoire coréenne et un final éblouissant. Entre désir contrarié, histoires d’amitiés, passion pour le jeu de comédien et lutte de pouvoir entre noblesse et petite gens, tous les thèmes semblent abordés avec la même intensité.
Capitalisme nuisible !
Continuons dans l’anti capitalisme après le billet sur l’industrie musical, deux autres faits d’actualité ont tendance à m’écœurer.
Elle a joué avec l’argent de ses gros clients et a perdu. C’est l’entreprise et ses dirigeants qui sont responsables de ces erreurs et des têtes doivent tomber. D’ailleurs l’issue de cette affaire semble inévitable pour la Société Générale qui ne pourra éviter un rachat. Certaines banques (Crédit Agricole…) se sont d’ailleurs déjà mises sur la liste des repreneurs.
Mais le plus écœurant dans cette histoire c’est que dans notre société ultra capitaliste vomissante une multinationale est capable de jouer avec 50 milliards de liquidité (supérieur à sa valeur boursière) alors que juste en bas de leur siège social rutilant vivent des quidams qui avec moins de 1000 euros par mois ont du mal à boucler les fins de mois.
Industrie musicale pleurnicheuse
Quand on voit les gains accumulés par les stars de la musique en 2007 (14.16 millions pour les cinq premiers artistes français - lire ici), on se fout de nous. Dans cette industrie tout le monde s’en met plein les poches à commencer par les artistes et les producteurs qui sont les premiers à se plaindre du téléchargement soit disant gratuit mais jusqu’à preuve du contraire on paye des taxes sur les supports numériques et un abonnement internet qui nous donne le droit de télécharger, donc ils pleurent mais gagnent encore beaucoup d’argent. Peut être devraient-ils se poser la question du prix du CD qui atteint les dix huit euros !!! pour 10 titres dont une version collector avec un titre bonus sortira deux mois plus tard.
Alors messieurs de l’univers musical : artistes (je parle des gros vendeurs de disques, pas des bons musiciens qui essayent tant bien que mal de s’en sortir), producteurs, distributeurs arrêtez de verser des larmes sur vos bénéfices en baisse car pour une majorité de français c’est le pouvoir d’achat qui est réellement en baisse. Mais je suis peut être un doux rêveur car nous savons bien que dans nos pays ultra capitalistes l’argent va à l’argent et le petit peuple est toujours baisé. Ah ! Si notre gentil facteur anti capitaliste et guévariste était au pouvoir !!!!!!
vendredi 25 janvier 2008
Pourquoi je n’irai pas voir FRONTIERE(S)
C’est certain, je refuse d’aller voir FRONTIERE(S), le film de Xavier Gens et ce pour plusieurs raisons. J’aurai pu en donner de mauvaises - je vais d’ailleurs le faire – mais je vais surtout en donner de bonnes, en les jugeant valable ou pas.
Commençons par les mauvaises raisons :
- Un film avec Estelle Lefebure ne peut pas être un bon film. FAUX. L’ex mannequin a prouvé, notamment dans le court métrage de Xavier Gens, AU PETIT MATIN, qu’elle pouvait être crédible dans un rôle difficile.
- Une production, ciblée ado post et pré pubère, de Luc Besson n’est pas recommandable. PAS FAUX MAIS. Les Taxi and c°, le Transporteur, Banlieue 13… ont prouvé que Besson savait faire du commerce avec de la merde. Heureusement l’homme produit également des films beaucoup plus intimistes, des films d’auteur. Voir l’envoutant LA TURBULENCES DE FLUIDES pour s’en convaincre. Cet homme est imprévisible et c’est tant mieux.
Voyant à présent les supposées bonnes raisons :
- Le teaser annonce le pire. VRAI. Surenchère d’hémoglobine, de cri, de violence et de sexe, des dialogues pitoyables. Tout est dans la bande annonce. Et puis franchement prétexter l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite pour obtenir ce résultat est-ce vraiment sérieux ?
- Xavier Gens est un mirage. FAUX ENFIN J’ESPERE. Mais comment ne pas se poser la question quand on voit ses deux premiers films – HITMAN et FRONTIERE(S) comparé à son magnifique court métrage dans lequel scénario, photo, mise en scène et direction d’acteur étaient soignés. Xavier Gens aurait-il trouvé le bon filon au point de se prostituer ainsi ? On attend de voir la suite (et pas celle de HITMAN)
- L’histoire ressemble comme un carbone à SHEITAN. VRAI. Prendre comme modèle un navet ça n’est pas bon signe. Résumons : une bande de jeunes décervelés débarquent dans un village, perdu dans une campagne française, dans lequel vivent des gens peu fréquentables, tous plus tarés les uns que les autres, qui vont leur faire regretter de s’être arrêté chez eux. Certes les motivations ne sont pas les mêmes, la conclusion sans doute non plus (celle de SHEITAN était ridicule) mais la ressemblance est stupéfiante.
Donc non, je n’irai pas voir FRONTIERE(S) mais je pense que malheureusement le film devrait faire le plein de têtes vides.
Oh Brother ! Here’s a big Coen !
Du grand, du très grand. Les Frères Coen nous offrent un grand spectacle. Du cinéma comme on l’aime.
Durant deux heures NO COUNTRY FOR OLD MEN nous tient en haleine grâce à un suspens savamment mis en scène. Une serrure, une lumière qui s’éteint, des pas traversant un désert, il en faut peu mais la plus petite action met le spectateur en apnée. On n’ose à peine respirer de peur de troubler la scène. Pour accompagner ce suspens les Coen ont ce don d’écrire des répliques cultes, teintées d’humour noir qui font mouches, de caster des acteurs donnant une dimension incroyable au film tant ils sont tous justes : Javier Bardem en tueur psychopathe, Josh Brolin en antihéros qui ne sait pas quel cataclysme il va provoquer en prenant possession de cette mallette, et enfin Tommy Lee Jones de plus en plus incroyable dans le rôle de vieux shérif désabusé. Ajouté à cela une immoralité totale et vous avez le nouveau chef d’œuvre des Frères Coen.
mardi 22 janvier 2008
Un de trop
C’est une déception, bien que la bande annonce ne me laissait présager rien de bon. Car en effet le film d’Isabelle Mergault, ENFIN VEUVE, ne l'est pas. Je m'attendais à bien meilleur sachant que j'avais aimé la justesse de son précédent film JE VOUS TROUVE TRES BEAU.
Mais ENFIN VEUVE manque cruellement d'honnêteté. On sent le film produit pour bénéficier du succès de sa première réalisation. Le scénario n'est pas abouti - pourquoi ne pas avoir prolongé la première partie qui est la plus intéressante au lieu de tourner en rond pendant les deux tiers du film -, les dialogues sont au ras des pâquerettes, les personnages caricaturaux et les situations ridicules. Finalement seuls les acteurs essayent de donner le maximum mais c'est loin d'être suffisant.
dimanche 20 janvier 2008
A six mains
Dans un registre différent, le film hongkongais TRIANGLE, réalisé à six mains par Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To, est d'une étonnante fluidité. Chaque segment forme un ensemble cohérent qui aurait pu être le fait d’un seul metteur en scène. C'est à peine si on distingue le changement de réalisateur.
Il serait d'ailleurs idiot comme j'ai pu le lire dans certain magazine de cinéma de dire que la partie de Johnnie To qui conclu le film est la meilleure. C'est sans doute la meilleure parce qu'il s'agit du dénouement mais la partie de Tsui Hark qui introduit le film est tout aussi brillante. Il est parfois laborieux dans ce genre de film d'exposer l'action et d'introduire les personnages. Et justement les personnages sont parfaitement caractérisés, il ne reste plus qu'à suivre l'action et se laisser prendre par l'intrigue. Les acteurs nous aident beaucoup puisqu'ils sont tous impeccables chacun dans un registre différent. Quand à la mise en scène elle est typique des films de hong kong. Un vrai régal.
Politiquement votre
Il y a des films qui sont à la fois intéressant et qui nous font réfléchir. LA GUERRE SELON CHARLIE WILSON
Le film, sans être austère compte tenu du sujet, nous fait découvrir comment l'Etat américain a augmenté le budget défense alloué à l'Afghanistan dans des proportions astronomiques dans le seul but de gagner la guerre froide contre leur ennemie de toujours l'URSS.
Tom Hanks nous prouve l'étendu de son talent dans un rôle cynique et Philip Seymour Hoffman en vieux baroudeur des services secrets nous offre des scènes mémorables.
nous montre comment les Etats-Unis ont armé l'Afghanistan alors envahit par l'URSS. On connait depuis les conséquences de cet acte (malheureusement pour les Etats Unis, l'expérience s'est renouvelée plusieurs fois). Comment armer ces futurs bourreaux.
samedi 19 janvier 2008
TOP 30 2007
L'année 2008 est déjà bien entamée et voilà que je me rends compte que je n'ai pas publié mon TOP 30 de mes films préférés de l'année 2007.
Je répare donc ici cet oubli.
01. Apocalypto de Mel Gibson
02. Lettres dIwo Jima de Clint Eastwood
03. Dans la vallée d'Elah de Paul Haggis
04. Ceux qui restent de Anne Le Ny
05. Exilé de Johnnie To
06. Une jeunesse chinoise de Lou Ye
07. La face cachée de Bernard Campan
08. Election 2 de Johnnie To
09. Across the Universe de Julie Taymor
10. Secret Sunshine de Lee Chang-Dong
11. La vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck
12. La Môme de Olivier Dahan
13. Le vieux jardin de Im Sang-Soo
14. Les témoins de André Techiné
15. Souffle de Kim Ki-Duk
16. Les chansons d'amour de Christophe Honoré
17. Time de Kim Ki-Duk
18. Paranoid Park de Gus Van Sant
19. Le candidat de Niels Arestrup
20. La nuit nous appartient de James Gray
21. Gone Baby Gone de Ben Affleck
22. American Gangster de Ridley Scott
23. Héros de Bruno Merle
24. La Cité interdite de Zhang Yimou
25. Blood Diamond de Edward Zwick
26. Un coeur invaincu de Michael Winterbottom
27. Cashback de Sean Ellis
28. Rocky Balboa de Silvester Stallone
29. Zodiac de David Fincher
30. Michael Clayton de Tony Gilroy
mercredi 16 janvier 2008
Ang Lee au top
Comme à son habitude Ang Lee nous sert un film fabuleux.
LUST, CAUTION prouve que le taïwanais est actuellement l’un des meilleurs réalisateurs au monde, en s’appuyant sur une histoire intense mêlant suspense et érotisme, une interprétation de Tony Leung Chiu Wai et Tang Wei exceptionnelle, une mise en scène simple et efficace et un final loin de toute convention.
Voilà la recette d’un réalisateur qui prend des risques. Un réalisateur dont on attend dès à présent le prochain film promis pour fin 2008.
A noter également le nouveau film de James Wan, le sino-américain créateur de SAW, qui sans atteindre des sommets, donne un point de vue intéressant sur la vengeance et l’auto-défense dans DEATH SENTENCE. Les plus de ce film : l’excellent Kevin Bacon et une réalisation prenante, notamment un haletant plan séquence dans un parking.
dimanche 13 janvier 2008
Marre des morts vivants
Pourquoi tant de films tournent autour des morts-vivants ?
C’est la question que l’on peut se poser en sortant de la projection de 30 JOURS DE NUIT, tellement ce genre est suranné. Vu et revu des dizaines de fois sans aucun changement dans l’histoire ou la conclusion.
Cette pure invention de l’homme semble être aujourd’hui à bout de souffle. Alors amis scénaristes creusez vous les méninges pour inventer d’autres mutants, ou je ne sais quoi, pour stimuler nos peurs primaires.
Les lignes de ma main
Coup de cœur pour la chanson de Stanislas "Les lignes de ma main". Une douce mélodie et un très beau texte sur la rupture et ses dégâts. A écouter aussi sur le même album, "La débâcle des sentiments", "Anna quand bien même" et bien sur "Le manège".
vendredi 11 janvier 2008
Reviens-moi
Non ce n’est pas un cri du cœur – quoique – mais le titre du dernier film de Joe Wright, le réalisateur de ORGUEIL ET PREJUGES. REVIENS-MOI est un film intéressant mais pas un chef d’œuvre comme j’ai pu le lire à droite ou à gauche.
Les différentes parties du film sont inégales mais chacune dispose d’un petit quelque chose qui reste dans les esprits La première partie est la meilleur par son traitement (la même situation vue d’après le regard de deux sœurs). La seconde vaut surtout le coup pour un plan séquence magnifique sur une plage de Normandie et la dernière est sublimé par l’émotion finale. Finalement un bon film à voir… en couple c’est encore mieux.
Grève des scénaristes US
Un coup de cœur pour la grève des scénaristes aux Etats Unis. Deux raisons à cela. D’abord, de part le monde, en 2008 il y aura moins de films américain. C’est une bonne chose si ça peut augmenter la part du cinéma local.
Ensuite cette grève tend à prouver que le scénario est un maillon essentiel, voir le principal dans la chaine du montage d’un film. Au risque de faire pleurer bon nombre de producteurs qui se croyaient les maitres du monde du 7ème Art, les scénaristes prouvent que sans eux un film n’existe pas. Sans histoire impossible de demander un quelconque financement, impossible d’intéresser un réalisateur, impossible de faire venir des Stars et donc d’attirer le spectateur. Il serait temps de reconnaitre la vraie place du scénariste dans cette industrie.
Bonne chance à eux et que cette grève dure le plus longtemps possible.
mercredi 9 janvier 2008
A voir absolument cette semaine
Le dernier film de Sean Penn, INTO THE WILD, est à voir et revoir. 2h30 de pur plaisir au milieu de paysages à faire rêve. Bien que je n’aie que peu d’intérêt pour l’écologie et la nature en général, j’y ai vu un message pour un véritable retour à la nature mais aussi un long métrage dénonçant notre société moderne, ultra capitaliste poussant à la surconsommation.
Ca donne envie de faire comme Alexander Supertramp, tout quitter pour vivre mieux.
A voir aussi un tout autre film, LE TUEUR de Cédric Anger, beaucoup plus intimiste, à la lenteur volontaure. L’affrontement entre un tueur et sa cible. Voir le film et lire mon scénario GAIKOKU. On peut y voir parfois certaines similitudes.
dimanche 6 janvier 2008
Sortie ciné - A éviter semaine 01
Ensuite mais là je parle sans l'avoir vu mas je prends pas de grand risque ALIEN vs PREDATOR - REQUIEM de Colin Strause et Greg Strause, quand deux navets se rencontrent ça ne peut donner qu'un navet. A boycotter.
Enfin deux films qui datent de fin décembre 2007, EDEN LOG de Franck Vestiel, où comment faire un film à l'ambiance futuriste sans scénario et HITMAN de Xavier Gens, certes le réalisateur a du talent et nous le prouvera sans doute avec des films plus personnel mais là c'est du sous LE BAISER MORTEL DU DRAGON. Du sur mesure pour les ados pré-pubères fan du jeu vidéo
N'hésitez pas à proposer des coup de gueule.
Sortie ciné - A voir semaine 01
Ensuite FILATURES de Yaun Nai Hoi, quand le scénariste de ELECTION 1 et ELECTION 2 passe à la réalisation, ça donne un thriller passionnant.
A voir aussi deux films de fin 2007, XXY de Lucia Puenzo, film intimiste très intéressant sur la différence et GONE BABY GONE de Ben Affleck, du scénariste de MYSTIC RIVER, qui nous laisse le même sentiment un peu étrange et laisse encore avce pleins de questions en tête longtemps après la fin de la projection.
N'hésitez pas à proposer des coup de coeur.